Dossier
de presse
Mireille Havet [ de Soyecourt ]
1898-1932
uillaume Apollinaire, Paul Fort, Colette, Natalie Barney, la princesse Murat, Edmond Jaloux, Pierre de Massot et Jean Cocteau encouragèrent son jeune talent de « petite poyétesse » (ainsi l'appelait Apollinaire) et favorisèrent la publication de ses textes : des poèmes et des contes fantastiques (La Maison dans l'œil du chat, G. Crès, 1917), des articles dans Les Nouvelles Littétaires et un roman à clé, Carnaval (Albin Michel, 1923)... Mais ils ignoraient que celle qu'ils virent courir à sa perte tenait son Journal : de 1913 à 1929, cahiers et feuillets, conservés par son amie, la traductrice et essayiste Ludmila Savitsky, forment une extraordinaire autobiographie. Avec lucidité et exaltation, Mireille Havet y décrit sa «vie de damnation», une vie de guet et d'attente, de songe et d'outrance, aimantée par son «goût singulier» pour l'amour des femmes et pour les stupéfiants. Un vie qui va «droit à l'enfer, par le chemin même qui le fait oublier».

Un extrait du Journal de Mireille Havet (1918-1919 : «Le monde entier vous tire par le milieu du ventre») a déjà paru aux mêmes éditions. L'ensemble de ce Journal sera publié en 4 tomes : 1913-1919, 1919-1924, 1924-1927 & 1927-1930.

Articles parus à propos du Journal 1919 - 1924 :
« Aller droit à l'enfer,
par le chemin même qui vous le fait oublier
»

« Cruelles et franches comme la lumière »
« L'amour, ses beautés, ses grandeurs, ses manques, ses désespoirs, ses illusions, ses misères, le Journal n'est fait que de ça. Sexe, débauches diverses et drogue ne sont que des adjuvants. Elle les connaît tous : "débauches de la noce crapuleuse, amour avec n'importe laquelle et toutes, alcool, débauches des drogues, nuits d'opium aux lendemains de cendres et de ténèbres..."».
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> Jacques Henric, Art Press, n°314, juillet-août 2005


« Une femme invertie en vaut deux »
« Contrairement aux romans de l'époque (pensons au Puits de solitude de l'anglaise Radclyffe Hall), son Journal ne fait état, ni d'un rejet familial ni d'homophobie sociale. […] Ainsi une jeune femme de 21 ans, sans père ni mari comme garant dans cette France de 1920 où les hommes rentrés de guerre sont prompts à rétablir leur domination, semble dormir (ou coucher) relativement à sa guise. Ce Journal, ainsi, donne un sérieux coup de vieux à des certitudes qui voudraient confiner à l'exception, des plaisirs qui semblent plus visiblement partagés. ».
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> Élisabeth Lebovici, Libération, 2 juin 2005


« Journal d'une condamnée. La stupéfiante »
« [Mireille Havet] dit qu'elle a déjà épuisé tous les corps de femmes, toutes les débauches de la chair, tous les stupéfiants, tous les alcools, tous les voyages dans le Sud, et qu'elle n'a plus rien à espérer. Elle dit que l'orage est en elle. Elle se sent "damnée". Elle se trouve "une âme d'assassin". Elle promet d'être "abracadabrante jusqu'au bout". Pendant dix pages chirurgicales, l'amazone raconte son dépucelage par un homme comme une expédition en enfer, un marquage au fer rouge, une éxécution capitale. Elle est bouleversée par la mort de sa mère qui réveille son regret d'une enfance sage et de l'odeur de l'herbe. Elle est seule au milieu d'un grand cimetière. Ce "Journal" qui résonne si fort, c'est son tombeau. »
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> Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 12 mai 2005

« Étonnante richesse d'un Journal inédit »
« Le passionnant, avec Mireille Havet, est de sentir l'aventure inexpiable. Aventurière aventurée au plus aventureux d'une contrée sauvage, MH n'aura pas le temps de déployer sa vie et d'en faire une œuvre. Ces années 1919-1924 évoquent moins une reconstruction littéraire qu'une avidité au plaisir de plus en plus fébrile, des prises de risque, de la brutalité. La qualité reste celle du style, celle des refus, celle des brusques chutes dans l'opium ou la dope. MH, qui possédait un tel don, n'a pas pris le temps de l'exploiter. Pourtant, quel beau livre ! »
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> François Nourissier, de l'académie Goncourt, Le Figaro Magazine, 16 avril 2005.

Au sujet du premier tome du Journal de Mireille Havet, 1918-1919 :
« Le monde entier nous tire par le milieu du ventre »
  

« On a hâte désormais de lire la suite du « Journal » de cette Mireille déchirée que l’on ne connaissait pas, que l’on n’oubliera plus. »
> Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, février 2003.

• « Ce qui frappe à la lecture de ce Journal, c’est l’étonnante maturité de son auteur, son humour, son audace et la maîtrise de son écriture. Ses portraits, ses évocations de Paris, ses introspections, sont de grands moments de littérature. Peut-on parler de chef-d’œuvre ? Ne soyons pas chiche ! Allons-y du oui. Sans grands risques.»
> Jacques Henric, Art Press, mars 2003.

• « Cette première livraison du Journal de Mireille Havet, commencé en 1913, révèle un écrivain dont le talent n’a d’égal que la fulgurance. La vie, l’écriture de cette jeune femme sont placées sous le signe du feu. »
> Michèle Gazier, Télérama, mars 2003.

• « Elle avait l’indécence insolente des “enfants perdus”, fous de littérature, mais qui savent qu’ils n’iront pas au bout de leur désir, n’auront pas la force de faire leur œuvre, avec ce que cela suppose de résistance à la malveillance, à l’incompréhension, à la cécité […] »
> Josyane Savigneau, Le Monde, avril 2003.

• « Avant tout, [ce journal] est merveilleusement écrit.[…] C’est la première fois aussi, dans l’âge moderne, qu’une femme sort du placard pour dire avec les mots les plus charnels son homosexualité. »
> Élisabeth Lebovici, Libération, avril 2003.

• « C’est son narcissisme douloureux et désespéré qui fait l’intérêt de ce Journal dont on nous dit qu’il a été retrouvé par miracle. Mireille Havet ou les mots sauvés de la marge, puis du néant. »
> Bernard Pivot, Journal du Dimanche, avril 2003.

• « Qui connaît Mireille Havet ? Née au tournant du siècle dernier, morte à trente ans, homosexuelle dans un monde puritain, elle incarnait la liberté de langage, de mœurs, la révolte… La lecture de son « Journal » agit comme un électro-choc salutaire. »
> Emilie Grangeray, L’Officiel, mai 2003.

• « D’une limousine et d’un salon à l’autre, chez les princes, chez les mécènes et chez les poètes, elle parade mais reste lucide : “ma légèreté me sauve, je m’envole, avec des pieds de plumes et une âme de plomb…” Et une écriture de libellule. »
> André Rollin, Le Canard enchaîné, mai 2003.

• « Amie de Cocteau et d’Apollinaire, Mireille Havet rédige son journal dans le tourbillon des années folles. Un document rare sur le Paris lesbien de l’époque. »
> Judith Silberfeld, Têtu, juin 2003.

• « Rarement on a entendu une si sensuelle tristesse, ni une si âpre remontrance à ceux qui vivent contents. »
> Michel Schneider, Le Point, juin 2003.

• « […] le premier volume de ce journal sauvé par miracle ressuscite une voix d’une force rare, singulière, impétueuse, exceptionnelle. »
> Louise Lambrichs, Vient de paraître, juin 2003.

• « […] la qualité littéraire du texte le dispute à sa valeur sociologique, qui nous montre une jeune femme à la fois mélancolique et hardie, farouchement décidée à vivre son homosexualité et à dire son désir sans relâche. »
> Laure Murat, Vient de paraître, juin 2003.

• « On ouvre ce trésor : un fantôme nous prend par la main… »
> Béatrice Leca, « Le cœur ouvert de Mireille Havet : Journal d’une enfant prodige »,
France Culture, septembre 2003.

• « un époustouflant témoignage sur le début des Années folles »
> Isabelle Vramian, Elle, novembre 2003.

• « La séduction et le désir sont le cœur de son écriture sensuelle et naïve. La pudeur de sa langue poétique retient, seule, l’impudeur de ce qu’elle raconte.
> Angie David, La Revue Littéraire, août 2004.

Carte Postale de Mireille Havet (1917)

«
Aller au-devant, rompre, ne rien admettre, détruire et rejeter tout ce qui, même de très loin, menace une seconde l'indépendance, voici mes lois. Ce n'est pas une politique de la conciliation, c'est exactement une révolte.
Je ne mangerai pas de votre pain.
Je serai abracadabrante jusqu'au bout.
»
© Éditions Claire Paulhan