Ferdinand Bac
Livre-Journal 1920
« J’écris mes “Souvenirs” et je me moque des éditeurs, de la réclame, de l’argent et de la crise du charbon.»


eu après le Traité de Versailles, Ferdinand Bac entreprit de rédiger jour après jour son Livre-Journal à la manière de Saint-Simon, auquel ses contemporains le comparaient avec crainte et flatterie :
« Oui, on dira que j’ai été cruel, méchant, impitoyable. Et pourtant je n’aurai dit qu’une faible partie de ce que j’ai vu, car, hélas dans la sincérité absolue de mon âme, je le confesse : j’ai vu plus de ténèbres chez les hommes que de lumières et encore plus de médiocrités que de ténèbres. Ainsi donc quoi que je fasse pour atténuer ma plume, une force intérieure me pousse à être sincère, ou alors, je ne veux plus me mêler d’écrire ce que je vois. Et être sincère, c’est voir le beau et le laid tout ensemble, sans ménagements, sans atermoiements, ainsi que le donne la source vive de la vie dans sa variété et son oscillation infinies. Je ne juge pas, je ne condamne pas. Je constate. Je n’ai que faire de juger et de condamner, me sachant moi-même pétri de faiblesses. Mais en éclairant quelques ténèbres, en dénonçant le médiocre, je m’éclaire moi-même et je me dénonce moi-même avec une égale sincérité. Sans quoi, il n’est point d’écrits probants. Là est la faute et là est la valeur. Faute, si nous devons admettre que toutes les tares doivent demeurer cachées et qu’on doit jeter le voile et la discrétion sur les particularités et intimités de ses contemporains. Valeur, si nous devons penser qu’il est utile, fertile pour la connaissance plus profonde de l’Histoire, de conter la vie des gens et tout ce qu’on en sait dans leur cadre déterminé, tout ce qu’ils racontent jusqu’à leurs potins, comme un enseignement et comme un document humain, pouvant servir à la connaissance d’une époque. » (18 juin).

En cette année 1920 – scandée par l’élection de Paul Deschanel (et la révélation de sa folie), la proclamation par D’Annunzio de l’« état libre » de Fiume, la mort de l’impératrice Eugénie, les conférences de Spa et de San Remo, la première réunion de la SDN à Genève – l’« extraplanétaire » sexagénaire qu’est Ferdinand Bac partage aimablement son temps entre Versailles et la Côte d’Azur : à Grasse, au Cap Ferrat, à Menton, il a réalisé d’admirables jardins et villas pour ses amis et relations mondaines. Mais dans son Livre-Journal, il mêle ses précieux souvenirs à un libre réquisitoire contre son temps et ses contemporains : « Ce sont des feuillets d’outre-tombe que je jette aux vents et que je confie à la destinée hasardeuse de la survivance. »

Ce volume donne l’intégralité de la deuxième année du Livre-Journal de Ferdinand Bac, qui va jusqu’en 1934.
Édition annotée et présentée par Lawrence Joseph – tout comme le Livre-Journal 1919, paru aux mêmes éditions en 2000


• Collection « Pour Mémoire ».
• Portfolio : 30 photographies et fac similés, n. & bl. Index des Noms cités.
• Édition originale, tirée à 500 ex. sur Olin ivoire 90 gr., sous couverture rempliée Fedrigoni Tintoretto Ceylon Anice 250 gr.
• Mise en vente le 18 mars 2013.
• 13 x 21,5 cm. 592 pages.
• Isbn : 978-2-912222-41-1
• Prix de vente public : 51 euros


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